dans un univers parallèle
la joie régnait en maitre
les poissons zigzaguaient
fanforonnes les algues jouaient
la même substance
riant de leurs bêtises
les êtres vivants
déployaient leurs antennes
en étendards de victoire
c’était peut-être le paradis
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
dans un univers parallèle
la joie régnait en maitre
les poissons zigzaguaient
l’étape est franchie
de la forme ne reste que
couleurs réinventées
et allusions
chaque chose
pourtant à sa place
on devine on imagine
on se laisse emporter
par la musique douce
des teintes accolées
on voit la maison
on voit les arbres
on voit l’eau
ensuite
il faut fermer les yeux
pour que le spectacle continue
en chacun de nous
Texte de Luc Fayard inspiré par ce tableau de Paul Sérusier vu au Musée d’Orsay

Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
Les impressionnistes
Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
COMMANDER LE LIVRE

tout le monde aurait aimé
savoir peindre
des flaques de soleil
comme celles-là
un vrai rouge sang
violent
gluant
qui tache
qui fait mal
et chaud au coeur
le vert est vert
la vie est contraste
la vie explose
comme une tache
de sang
Texte de Luc Fayard inspiré par Taches de soleil, de Maurice Denis

Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
Les impressionnistes
Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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symbole total du rêve
zeste de langueur
pose alanguie
sanglée dans sa robe
Madeleine songe
et le temps
les arbres
l’eau se figent
pour l’escorter
dans son rêve
au Bois d’Amour
si bien nommé
sera-t-il exaucé
Texte de Luc Fayard inspiré par Madeleine au Bois d’Amour, d’Émile Bernard
Duo poème-œuvre paru dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les Impressionnistes. », Éditions Amavero, 2023
Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne
les lumières jaillirent de la nuit
crépitant comme un feu d’artifice
lanceur de fausses étoiles
vers le dôme du monde
je vis la folie des hommes
le passé reconstruit le présent occulté
le futur antérieur éparpillé
l’espace infini courbé par le temps
puis un long chant d’amour
rivière tortueuse et lente
coula en déchirure aiguë
cicatrisant les champs de vie
à genoux l’humanité priait
ses totems qui lui psalmodiaient
peuple né de la pénitence
tu vivras dans la souffrance
une longue plainte naquit
mère de tous les cris
fil d’ariane reliant les cœurs
tiraillés entre désirs et pleurs
indifférent aux maux
je marchai jusqu’à l’aube
et le jour advenu
j’étais un homme nu
Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte
François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
L’augmenteront toujours
Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n’ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.
Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.
Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu’en fût-il advenu?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d’accueil ?
Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l’âme du corps,
L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts…
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
On a beau la prier,
La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N’en défend point nos rois.
De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
Qui nous met en repos.
François de Malherbe. Poésies, 1599.




Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer
We have not long to love.
Light does not stay.
The tender things are those we fold away.
Coarse fabrics are the ones for common wear.
In silence I have watched you comb your hair.
Intimate the silence, dim and warm.
I could but did not, reach to touch your arm.
I could, but do not, break that which is still.
(Almost the faintest whisper would be shrill.)
So moments pass as though they wished to stay.
We have not long to love.
A night. A day….
Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
La lumière ne restera pas.
Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
Un silence intime, tamisé et chaleureux.
J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
(Le moindre murmure serait strident.)
Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
Une nuit. Un jour…
Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

