Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 476 artistes • 860 auteurs
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Citation Amavero du jour
En août,  le pauvre en caleçon laid, mains sur les hanches face à la mer,  l’oeil vide et désemparé, n’ose pas penser qu’il s’emmerde .
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  • la porte du tableau

    le temps souffle comme le vent
    qui n’offre rien pour s’arrimer
    transmuant ton cœur élimé
    en nuée de limbes mouvants

    dans les ténèbres somnambule
    tu ne sais sur quel pied danser
    balbutiant et balancé
    tu sursautes comme une bulle

    grenouille sur un nénuphar
    luciole perdue dans la brume
    fleur de désir et d’amertume
    voilier louvoyant vers le phare

    suivant sa vocation ténue
    la mémoire de tes dix doigts
    cherche le toucher de l’émoi
    et le frisson de l’âme nue

    nuit et jour tu peins tu zigzagues
    dans un serpentin de questions
    un matin vient la solution
    ravir les écumes des vagues

    suivant ta foi ton idéal
    tu fais éclore du tableau
    une maison de terre et eau
    dont tu es le héros final

    étiré par ton repentir
    un trait pareil à une eau-forte
    sur la toile éclaire la porte
    par où tu peux enfin partir

    Hommage à Ou Tao-tseu (en japonais Godoshi) et Wang Fô

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « la porte du tableau »


    Texte sélectionné pour L’Anthologie des meilleurs poèmes du Prix international Arthur Rimbaud 2022; Flamme de Bronze du Prix Flammes Vives 2022.

    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte; voir une autre illustration de ce texte avec deux tableaux, un d’art moderne et un autre chinois du 13 e siècle.


  • je voudrais écrire

    je voudrais écrire
    les plus belles pages du monde
    que le monde lirait
    en pleurant un peu

    mes pages seraient des tableaux
    de tristesse et de beauté
    le beau est toujours triste
    quand il est intouchable

    au bout de la tristesse
    entre les lignes poindrait
    une faible lueur d’espoir
    ne pas mourir tout à fait

    je parlerais de l’amour
    trop fort débordant
    en vagues sur les rochers
    blanchis d’écume

    des désirs non accomplis
    du renoncement
    rogneur d’âme qui tient
    éloigné du but

    je dirai la mer
    et son horizon
    et les oiseaux verts
    là-bas qui s’en vont

    je dirai l’envie
    d’être un autre
    que cet empêtré
    dans la lourdeur des choses

    dans mes pages je volerais
    fièrement librement,
    sur ma vie sans frontières
    mon passé sans cadran

    je parlerai des yeux
    qui m’ont rendu fou
    et du dernier regard
    qui porta le noir infini

    je parlerai du temps perdu
    qui fuit lentement
    comme un goutte à goutte
    du sang des gens

    des mots qui se croisent
    sans s’entendre têtus
    comme deux rivières
    réticentes à confluer

    du soleil aveuglant
    qui ferme les yeux
    cédant à la chaleur
    de formes emmêlées

    je parlerai du corps
    qui s’abandonne en nudité
    de sa peau fruit rouge
    à croquer en délicatesse

    dans la foison de mes pages
    on verrait des tableaux
    à contempler longuement
    comme une source de vie

    les mots sont si faibles
    menteurs et réducteurs
    la peinture est le parangon
    de la création humaine

    je voudrais que mes mots
    se lisent comme un tableau
    une musique symphonique
    une matrice de liens

    je voudrais écrire l’océan
    des plus belles pages du monde
    pour que le monde s’y noie
    s’en nourrisse et renaisse

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « je voudrais écrire »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • pensée errante

    ma pensée part errante
    avide d’assouvir
    ses lubies d’asservir 
    sa chimère aberrante

    elle vaque intrigante
    toujours prête à servir
    son ardeur pour gravir 
    toute pente insouciante

    vif un son vient percer
    mon rêve dispersé
    le réel me fait face

    dur un monde insensé
    force mes yeux baissés
    ma pensée s’éteint lasse

    Texte de Luc Fayard. Voir et entendre la récitation musicale mise en scène dans Galerie Amavero

  • Supervielle (Jules) : Plein ciel

    J’avais un cheval
    Dans un champ de ciel
    Et je m’enfonçais
    Dans le jour ardent.

    (suite…)

  • Auteurs multiples : Sélection de poèmes

    Une fois n’est pas coutume, j’inclus dans mes choix un extrait d’une très belle sélection venue du site eternels-eclairs.fr, presqu’une anthologie ! Voici, extraite de ce site, la liste des auteurs que j’aime, que je rajoute donc bien volontiers, chaque lien renvoyant sur plusieurs poèmes de l’auteur:


Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025