Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
 Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une nation: l’une est par les armes et l’autre par la dette.…, cité sur Fb par Bérénice P


  • le soir tombe sur Lanzarote (version poésique)

    le soir tombe sur Lanzarote
    la belle paresseuse
    endormie comme une huître

    les traits noirs des vagues
    dessinent une portée de notes
    de musique marine

    d’un ciel au bleu qui se fonce
    narcisses alanguis
    trois nuages se pâment dans l’eau

    transparent l’air empli de silence
    laisse les amants entendre
    leur cœur qui bat qui bat

    au rythme d’un même soupir

    Texte de Luc Fayard inspiré par une photo de Clara Fayard. Musique et violon: Chantal Hannes
    Voir aussi une version illustrée par IA


  • pluie rouge

    Betty Rosant – Limite (2018)

    la pluie rouge tomba sur la ville 
    honteuse la mer partit se cacher
    emportant avec elle les poissons affolés
    les maisons blanches tremblaient de peur
    puis un cri vibrant jaillit de la côte
    déclamant aux gens perdus
    creusez loin
    cherchez au-delà de l’illusion
    née du cauchemar des hommes
    vivez le présent
    et ses cadeaux
    le sourire revint sur les quais
    et le monde finit par s’habituer
    à ces couleurs nouvelles
    qui rendaient leur vie plus joyeuse

    Texte de Luc Fayard , inspiré par Limite, de Betty Rosant


  • atomes d’astres

    Claire Daguin – Astre (2024) – (installation à l’Église Saint-Eustache de Paris

    regarder vers le ciel
    par nuit de beau temps
    et dans la lumière 
    scintillante des astres
    ne voir que la vérité
    figurant objets
    personnages
    allégories
    rien d’autre
    pas de religion
    ni de morale
    du bien et du mal
    juste un passé lointain
    brillant encore
    qui te dit non
    tu ne viens pas
    de nulle part
    dans ton corps vivent
    des atomes d’astres
    des bouts d’étoiles mortes
    ne les laisse pas mourir
    une deuxième fois
    comme nous là-haut
    bêtement vieillies 
    par le temps
    ainsi quand tu partiras
    un souffle d’éternité
    pourra s’échapper de toi
    et montera vers nous
    pour nous rajeunir

    Texte de Luc Fayard, inspiré de Astre, de Clara Daguin (installation Église Saint-Eustache de Paris, janvier 2024)


  • les mots

    galets plats bondissant
    sur l’eau trouble
    d’un lac de pensées

    toile d’araignée
    de sentiments croisés
    entre indicible et non-dit

    permanent jeu pervers
    du son et du sens
    esquisses imparables
    de beauté révélée

    notes seules fusant
    vers la cible lointaine
    ou gaiement accolées
    en résonance

    signes obsolètes
    à peine dessinés
    dans le labyrinthe touffu
    de l’âme à la raison

    étendards bariolés
    portant les écussons
    de la liberté conquise

    rochers de marbre
    en taille directe
    ou bijoux ciselés
    au poinçon d’artisan

    vagues séquentielles
    sur la mer houleuse
    des désirs enchaînés

    méandres menant au but
    par des détours obligés
    ou lignes imparables
    de traits volontaires

    truelles de l’éternel
    puzzle de vérité
    nuages pépites d’un ciel
    aux reflets de lumière

    trésors accordés
    à qui veut ouvrir
    leurs serrures naturelles

    posez-les sur un cercle
    libres et solidaires
    les mots vous habiteront
    à jamais

    Image Dall.e pour illustrer le poème « les mots »

    Voir la mise en scène avec une illustration d’Odilon Redon dans Duos poème-œuvre


  • grand chapiteau

    entrez mesdames et messieurs
    sous le grand chapiteau
    du cirque de la vie
    venez par ici
    vous qui avez vécu
    la vie de haut en bas
    ces choses-là
    que vous allez voir
    vous savez qu’elles existent
    indicibles et secrètes
    vous les avez connus
    ces petits riens 
    ces grands moments

    mais vous les avez perdus
    avec le temps

    alors entrez dans le village 
    des sentiments vrais
    vous n’oublierez pas 
    cette odyssée 

    ce retour 
    aux sources de l’homme pur
    on vous le jure
    un parcours impossible 
    mais pourtant réel
    les preuves les voici

    que battent les tambours
    que se lève le rideau rouge
    du grand chapiteau
    ici vous verrez vous toucherez
    vous sentirez vous entendrez

    l’amour qui se renforce 
    au fil des ans
    comme un rocher poli
    par la marée
    le sourire donné à l’autre
    sans demande en retour
    et qui éclairera sa vie
    la différence acceptée
    au milieu de tous
    comme si de rien n’était
    l’écoute attentive 
    à la parole sincère
    les gestes doux des mains
    plumes légères
    qui se frôlent délicatement
    les sourires en miroir
    se répondant en silence

    enfin et surtout vous verrez 
    le soir discret tomber
    comme un voile de mariée
    sur les maisons réchauffées
    la nuit qui s’égrène lentement
    sur un tempo différent
    et le matin qui dit bonjour
    en baillant

    cette route de la vraie vie 
    rien que pour vous 
    la voilà la voici 
    sous le grand chapiteau
    du cirque de la vie

    et qui sait 
    si vous avez gardé en vous
    une bribe d’âme sans âge
    peut-être pourrez-vous
    reprendre ce voyage 
    et qu’il dure toujours

    Image Dall.e pour illustrer le poème « grand chapiteau »

    illustré par un montage de trois images IA créées à la demande


Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

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  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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  • Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

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  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025