Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
l’arbre aime le sel de la mer et le grain du sable qui lui mordillent les pieds il se nourrit du roulement des vagues et des clameurs de mouettes il étire ses branches le plus loin possible pour attirer les visiteurs dans son ombre tiède nourrie d’histoires tendres et de passions secrètes
Texte de Luc Fayard inspiré par Plage du Penboc’h d’Isabelle de Galzain
Laurence Gancel – Balade dans les serres de Kew Garden
étrange endroit la serre transparente où tout se crée dans la chaleur et l’humidité sous la lumière éclatante on y apprend le soin la patience on y cultive l’espoir l’attention et peu à peu tout renait
Texte de Luc Fayard inspiré par Balade dans les serres de Kew Garden, par Laurence Gancel
elle joue et par la porte ouverte les notes du piano fuient je les regarde s’envoler dans la nuit danser là-haut sans anicroche sur un tempo lent où noire et croche caressent les nuages blancs
elle joue et le temps s’arrête de respirer moi aussi la nuit est grave et la musique aiguë
elle joue et ne sait pas sa grâce à elle pour moi tout ce qu’elle touche luit ses mains créent ma lumière chemin balisé dans la nuit
elle joue et le vent profite d’un soupir pour pousser le sien moi aussi la musique et la nuit sœurs jumelles de l’attente
elle joue et envoie ses notes en estafettes points d’interrogations titubant sans fin dans la nuit de ma tête étoilée
elle joue et sa musique alanguit les étoiles une à une le ciel complice me sourit dans son halo de lune
sans elle au piano la nuit ne serait plus jamais la même moi non plus ou je serais la nuit
Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « elle joue la nuit » de Luc Fayard
c’est la lumière qui nous attend en haut des marches on sort de l’obscurité de la foule pressée et la tête levée on monte vers la vie le bruit joyeux la liberté d’aller où on veut sortir du métro c’est un peu aller au paradis
Texte de Luc Fayard inspiré par Métropolitain, de Claire de Langeron
on peut errer longtemps dans le noir sans savoir qu’au fond de son être naissent déjà les nouveaux rayons de lumière un jour ce sera l’éveil les sens purifiés s’accorderont à la vibration d’un monde disponible et ce jour-là tout sera possible
Texte de Luc Fayard inspiré par La Vie est belle, de Sandrine Jarrosson.
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We have not long to love. Light does not stay. The tender things are those we fold away. Coarse fabrics are the ones for common wear. In silence I have watched you comb your hair. Intimate the silence, dim and warm. I could but did not, reach to touch your arm. I could, but do not, break that which is still. (Almost the faintest whisper would be shrill.) So moments pass as though they wished to stay. We have not long to love. A night. A day….
Nous n’avons pas longtemps pour aimer. La lumière ne restera pas. Les choses tendres sont celles que nous rangeons. Les tissus grossiers sont ceux du quotidien. En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux. Un silence intime, tamisé et chaleureux. J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras. J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile. (Le moindre murmure serait strident.) Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester Nous n’avons pas longtemps pour aimer. Une nuit. Un jour…
Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).
Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer
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