Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Si cela va sans dire, ça ira encore mieux en le disant


  • Trois fois murmuré

    Henri Matisse : Le Violoniste (1917), Le Luxe (1907), Portrait de Greta Prozor (1916)(de gauche à droite)

    Je serais ce violoniste
    Qui joue à la fenêtre
    Derrière les volets bleus
    Ma musique monterait jusqu’aux nuages
    Et la tristesse glisserait
    Sur mon costume jusqu’à terre
    Où elle dessinerait une tache de deuil.

    Trois fois murmuré
    Trois fois dessiné
    Trois fois perdu
    Il est là dans mes rêves verts
    Il est là dans les rues violettes
    Il est là dans la vie noire.

    La beauté sortirait à peine de l’eau
    Je viendrais la sécher
    Avec des éponges bleues.
    Je jetterais à ses pieds des bouquets
    Trop vite coupés.
    Et je pleurerais de son parfum évanoui.
    Elle ne bougerait pas,
    Ni statue, ni femme,
    La beauté lointaine sortie de l’eau.

    Trois fois murmuré
    Trois fois dessiné
    Trois fois perdu
    Il est là dans mes rêves verts
    Il est là dans les rues violettes
    Il est là dans la vie noire.

    La souffrance tombait de ses épaules arrondies
    Sa robe de lin décelait les sanglots accumulés
    Elle se taisait et retenait ses mains sur ses cuisses fermées.
    Greta sortie de l’enfance bourgeoise
    S’enferme dans le deuil du désir.

    Trois fois murmuré
    Trois fois dessiné
    Trois fois perdu
    Il est là dans mes rêves verts
    Il est là dans les rues violettes
    Il est là dans la vie noire.

    Texte de Corinne Valleggia, inspiré de trois tableaux d’Henri Matisse : Le Violoniste – Le Luxe – Portrait de Greta Prozor.


  • Gourmont (Rémy de) : La Forêt

    Ô Forêt, toi qui vis passer bien des amants
    Le long de tes sentiers, sous tes profonds feuillages,
    Confidente des jeux, des cris, et des serments,
    Témoin à qui les âmes avouaient leurs orages.

    (suite…)

  • éloge de la lenteur

    ce serait un pays où l’on vivrait
    comme dans un film au ralenti
    après des heures à se dessiner
    jamais plus le sourire
    ne se fermerait sur le visage

    dans l’air du matin
    les mains s’écarteraient
    sur des cercles imaginaires
    chassant les vents contraires
    volutes longtemps évoqués
    construisant le vide devenu le tout

    la marche sans but prendrait la forme
    d’un rituel initiatique de respiration
    l’esprit ne serait que le calme absolu
    répandant son énergie dans l’être
    peut-être n’aurait-on plus besoin de parler
    les rencontres préparées par la pensée
    s’étant irriguées de cette chaleur diffuse

    la mère caresserait son fils
    d’un geste si langoureux
    qu’il fermerait les yeux
    rêvant au paradis de coton bleu
    où l’enfant roi règne sans vices

    les chats toujours plus paresseux
    n’en finiraient plus de s’étirer
    sur les couettes laineuses
    même l’araignée au diapason
    tisserait sa toile en un siècle
    le long des murs de maisons

    dans les jardins multicolores
    les fleurs effarouchées
    s’ouvriraient mollement
    refusant de se dévoiler trop tôt

    parfois il tomberait une faible pluie
    si douce et venant de si haut
    qu’elle parfumerait la peau
    des senteurs colorées du ciel

    sur la grève peuplée de souvenirs
    la marée au rythme lunaire
    laisserait aux amoureux
    le temps de priser le spectacle

    et le vent qui chasse tout en riant
    clamerait dans les plaines du pays
    sa fierté d’être tiède frissonnant
    le messager du bonheur infini

    Hommage à Milan Kundera et Carl Honoré

    Florence Jacquesson – La Paresse (2003) – sculpture bronze


    Texte de Luc Fayard, illustré par La Paresse, de Florence Jacquesson


  • quatre actes

    Anne Defaucher – Quatre acryliques (2023)

    la branche et l’algue
    le ciel et la mer
    l’herbe et la mousse
    le ruisseau et la montagne
    on entend tous les chants
    le cri surpris des oiseaux
    le ruissellement soyeux de l’eau
    le frottement tiède du vent
    tous les actes de la vie
    joie ou tristesse
    espoir ou peine
    se jouent en quatre actes


    Texte de Luc Fayard, illustré par Quatre acryliques, d’Anne Defaucher


  • passage

    Isabelle Mestchersky – A en majuscule (2018)

    passage entre deux mondes
    vers la lumière et l’inconnu
    loin des souvenirs lourds ou bleus
    des colères et des joies
    chemin à déchiffrer soi-même
    sans ornières ni frontières
    surtout ne pas se retourner
    comme la femme de Loth
    jetant un fatal regard à Sodome
    et pour connaître le sens de sa vie future
    il faudra avancer sans regarder
    les couleurs si fortes de la vie passée


    Texte de Luc Fayard, inspiré par le tableau d’Isabelle Mestchersky , A en majuscule, 2018 – 160 x 240 cm


Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025