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libellule
tu as la grâce libellule
un sourire énigme de muse
le cœur gros comme un gros diamant
cœur d’or cœur d’amour cœur vibrantmarchant sur la pointe des pieds
de peur d’abimer le sentier
de la vie riche que tu sculptestu embrasses la terre entière
les arbres les fleurs et la merd’un air tranquille sans tumulte
tu croques tes rêves d’enfant
qui s’envolent en rianttu es si farouche et secrètequ’on n’ose t »effleurer
mais du haut de ton port de têtevictorieux altier
tu abrites un monde bleu
qui rend les gens heureux -
pélican et iguane
le pélican a-t-il des dents
l’iguane une âme
qui sait
ici tout est différent
tout respire autrement
dans ces îles capricieuses
la mer n’est pas un gouffre amer
mais une vasque de coraux
où se trémoussent des poissons bleusplus loin sur la côte
la terre exhibe fièrement
ses orgues basaltiques
et là-bas sur la ligne verte
les surfeurs s’égaient en pirouettesle coco à coque dure
tombe avec un bruit matsur le sable de la plagela voile est un tamis
où l’on se niche
entre le ciel et l’eauau soleil de l’ile papillon
nos yeux se sont plissés
nos peaux couvertes d’écailles
nous sommes redevenus tortues
nos cœurs battent lentement
ici pour un instant
le temps a posé ses fardeaux -
noir pour mourir
j’entends je vois la nuit
poignées à abaisser
volets de fer fermés
crissements nus des bruitssiffleurs de sphères vertes
marches blanches du pin
ronronnements urbains
branches nouées désertesmats gris de parasol
arrière-plans mêlés
bleus blancs du haut lavés
chats glissant sur le solroulement lourd du train
cris du bas des maisons
fumées hélice en rond
carrés de vitres teintspuis les sons vont s’éteindre
les visions s’obscurcir
dans le noir pour mourir
je ne pourrai plus feindre
