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morts sombres
dans le désert où tout est répété
enfouis par des années de terre rocailleuse
confinant en sépulcre leurs âmes rêveusesje contacte les morts sombres sous mes piedsje les devine qui souffrent gémissent
au souvenir des chevaux mors aux dents
et des troupeaux de yaks aux mille sangs
moutons et chèvres mêlés aux comicesle temps s’est arrêté je sens
le temps serpent temps araignée
grand moqueur de l’air et des gens
maître de l’univers du ventet pourtant sous le ciel de pluie
la roue a tourné malgré lui
des 4×4 se sont introduits
violant le passé du décor
insouciants du tumulte en terre
où se découragent les morts
égarés surpris délétères
cassés par le cri des moteurs
le crépitement des radios
le grésillement des antennes
tous les dieux anciens sont outréset quand nous partirons tristes bohèmes
enchainés au présent des charlatans
laissant seuls les nomades survivants
les morts ne seront jamais plus les mêmes -
moine bouddha
moi le moine je suis bouddha
à côté du bouddha
j’ai son sourire
le même sens de la vacuité
de l’être et des objets
une perception réservée aux initiés
alors quel est le plus bouddha des deuxjour après jour le vide se fait en moi
je m’approche de la vraie nature du monde
mon ego perd sa forme
j’ai déjà renoncé à tout
je respire l’impermanence des choses
tout viendra à moi
même vos regards votre brouhaha
je les accepte
ils s’intègrent à l’harmonie naturellene cherchez pas
il n’y a rien à trouver
laissez simplement la paix venir en vous
et vous sourirez
comme moi -
lumière et vie
elle me dit
que la lumière soit
mais la lumière fuit
elle insiste elle me dit
je suis la lumière
alors pour lui plaire
j’imite Giono
si tu veux ta place au soleil
ne cherches pas à faire de la place
fais du soleilsubjugué par le sortilège
je saisis mon crayon sacrilège
j’écris longtemps fiévreusement
de tout mon être frémissant
je veux du soleil et de l’ombre
sur les murmures des enfants
je veux des rayons de folie
sur les silences des murs blancs
transperçant le fil de la vie
j’entends la vibration du monde
née de chaque instant altérable
distillé par l’infinie ronde
des joies et peines insatiables
le soir ensemble tapis
on écouterait
la douce nuit tomber
sur nos têtes alanguies
on pleurerait un peu
sur le passé sinueux
sur les destinées mystérieuses
l’élégant ciel de Provence
rose et bleu
serait strié
de ses trainées vaporeuses
la cigale infatigable
continuerait de pousser
son cri rogue et nu
d’un air peu aimable
sans souci du noir venuet le matin
la lumière clamerait
je suis là
à nouveau
plus forte qu’hier
plus déterminéeici même l’ombre te donne la force de vivre
à la frontière de couleurs infinies
tu discernes tout
les peines et les envies
les chagrins et les désirs
tu vois la vie qui s’agrandit de courbes floues
tu vois les mains qui se tendent et se nouent
tu vois les yeux des autres qui te disent vas-y
pleure aime joue ris
tu vois l’amour qui enveloppe tout
dans ses bras ivres et doux
ton cœur apaisera ses crisle violent torrent de ton âme
grâce à ces yeux affectueux
suivra un cours moins frénétique
goûtant même l’égarement
le temps devenu flegmatique
vibrant au rythme du présentalors
plein de gaieté reconnaissante
ce jour serein de l’accalmie
à ta jeunesse impatiente
je dirai simplement merci
d’avoir su me parler
juste quand il le fallait
de lumière et de vieà L.
