Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
J’ai moi-même été témoin l’autre jour de ce qu’on appelle la contraception orale : j’ai demandé à une fille de coucher avec moi et elle m’a… Lire


  • cambrure

    Sculpture en forme de torse féminin, faite de matériau texturé et colorée en noir.
    Virginie Truchot – Cambrure

    cambrure de toréador
    hanches poussées vers l’avant
    fières impudentes          
    comme pour te dire    
    regarde         
    c’est moi    
    qui donne la vie    
    je peux aimer tous ceux   
    qui partagent leur cœur  
    empreint de compassion  
    car ils savent que je suis  
    le désir                  
    et la beauté     

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Cambrure, de Virginie Truchot


  • métamorphose

    Virginie Ressy – La Mue

    la cigogne étonnée
    regarde la guêpe
    en mauvais état
    sur le plancher
    elle préfère les criquets
    aura-t-elle le temps
    de la manger
    avant sa métamorphose
    en vieille dame
    à talons hauts
    les vieilles dames 
    ne mangent pas les guêpes

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Mue, de Virginie Huillard Ressy


  • nouvelles correspondances

    il y  a de la musique dans un tableau
    mais elle joue une drôle de partition
    polyphonique
    à la fois solo dans chaque recoin
    qui nous attire irrésistible
    et symphonie qui éclate
    dès qu’on embrasse l’œuvre 
    d’un regard de spectateur lointain
    puis les solos reprennent ici et là
    en suivant l’âme des yeux
    qui déroule un parcours non écrit

    il y a de la peinture dans la musique
    chaque note possède sa propre couleur

    do tout en majesté 
    en tenue de majordome
    noir pour s’imposer

    si tout au bout du chemin
    note si joyeuse
    blanc de robe de mariée

    la grave et dominant
    tous comptent sur lui
    vieux monsieur digne et las
    fronçant les sourcils
    marron foncé évidemment

    le ré résonne 
    comme un renouveau

    une renaissance
    bleu indigo

    mi c’est une note du milieu 
    mélange mixité

    prête à tous les arrangements
    violet composite

    le fa sonne et claque 
    comme le printemps 
    comme un drapeau
    vert d’eau

    enfin le sol terre à terre
    pilier de tant de création
    clé qui ouvre toutes les portes
    rouge comme le sang des artistes


  • enfer

    le corps est prégnant
    jamais l’âme ne pourra s’envoler
    l’homme est lourd de chair
    et quand il veut rêver
    il se voudrait léger dans l’air
    mais il a mal aux dents

    il se plaint œil vide dos voûté
    j’ai perdu dit-il la grâce de l’enfance
    oublié la puissance du silence
    l’homme ne s’écoute même plus
    il ne fait que bouger se gratter
    comme si sa pensée pouvait se lessiver
    d’un coup d’ongle négligent

    créature du paradoxe et du soupir
    filandre perdue dans l’infini successif
    il se tait les mots ne servent à rien

    nous voici blêmes et bleus
    sans bouée de sauvetage
    dans l’océan du non dit du non partage

    l’enfer c’est cela
    se contenter d’une telle vanité
    sans pouvoir rire ni pleurer
    sans même avoir peur

    Image créée par Starry AI pour illustrer le poème « enfer »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée sur ce texte par l’IA Starry AI


  • Henri Michaux : Lectures sur Zao Wou-Ki (Préambule)

    Les livres sont ennuyeux à lire. Pas de libre circulation. On est invité à suivre. Le chemin est tracé, unique.
    Tout différent le tableau: immédiat, entier. Puis on va à gauche, à droite, comme on veut, où l’on a envie, selon ses trajets, et les pauses ne sont pas indiquées.

    (suite…)


Art et Poésie : dernières publications

  • Gaston Balande : Lac de Côme (1930)

    Gaston Balande : Lac de Côme (1930)

  • Man Ray : Chevelure (1937)

    Man Ray : Chevelure (1937)

  • Mouloud Mammeri : La Fiancée du Soleil (1996)

    Le soir, avant de dormir, le roi et la reine s’attachaient par le pied au même anneau d’argent, ils roulaient une seule ceinture de brocart autour de leurs deux tailles, passaient le même foulard de soie autour de leurs deux cous, afin que, si quelqu’un venait lui enlever son épouse pendant son sommeil, le roi aussitôt s’éveillât.
    La nuit de leur arrivée, alors que le prince fatigué dormait dans la maison qu’ils avaient louée, Ali Demmo sortit doucement pour ne pas l’éveiller. Il parcourut la ville, arriva devant le palais, se fit indiquer la pièce où le roi et la reine avaient coutume de passer la nuit.
    Il fit la même chose le jour suivant mais, ayant pris soin de se munir d’une échelle de soie, il monta jusqu’à la chambre haute qu’on lui avait indiquée et, par la croisée, regarda: il vit les deux pieds du roi et de la reine engagés dans le même anneau, leurs tailles passées dans la même ceinture, leurs cous enroulés dans le même foulard.
    La troisième nuit, Ali Demmo prit avec lui l’échelle de soie, un poignard et monta jusqu’à la chambre à coucher, où il s’introduisit doucement. Il défit l’agrafe de l’anneau d’argent, coupa la ceinture de brocart; il allait enlever aussi le foulard de soie quand… le roi s’éveilla. Ali Demmo lui plongea aussitôt son poignard dans la poitrine et acheva de détacher le foulard. La reine, effrayée, allait crier. Ali Demmo lui appliqua la main sur la bouche.
    – Ne criez pas, lui dit-il, et ne craignez rien. Je suis venu vous sauver. Dites-moi seulement comment nous pourrons sortir, vous et moi, de ce palais.
    Fiancée du Soleil regarda Ali Demmo. Il n’avait pas l’air de lui en vouloir, malgré son poignard, et de toute façon c’était une chance à courir, car la tyrannie du roi lui pesait de plus en plus.
    – Tiens, dit-elle, voici les habits du roi mets-les et sauvons-nous. Quand nous arriverons aux portes, c’est moi qui parlerai aux gardes. Reste dans l’ombre, ils te prendront pour mon mari.

    ….

    Contes berbères de Kabylie. Myhologie. PKJ, 1996
    NDLR: poésie en prose brutale, la reine est ravie qu’on ait tué son mari…

    Mouloud Mammeri : La Fiancée du Soleil (1996)

  • André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

    André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

  • Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

    Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

  • Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

    Les souvenirs sont des rubans de salves de clairière
    les banderoles du vent à Noël sur la terre

    Les forêts ont leurs feuillures secrètes
    leurs nids de miel de hiboux du bal
    et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
    pour habiller les fées

    Tu m’appelais par mon nom
    et plantais des œillets d’azyme aux boutonnières des naufragés
    Tu m’appelais par mes désirs
    par toute chaude caresse pulvérisée au sol
    par la pelisse de groseille de plomb des colloques de midi

    Tu m’appelais par ma fièvre
    par le violon de noix de mes pulsations
    par le grillon d’arcade de chaque torche de néant

    Tu m’appelais par ma voix
    par l’arrogant brassard de tulipe de harpe de ton fidèle amour
    du premier cri de mousseline de rameau d’amour
    qui crépite dans l’âtre
    Les souvenirs sont des échasses de moelle de silence
    Le soleil promène le monde dans sa cage de roseau
    Les enfants le guident

    *

    Maçon d’eau d’air d’ombre
    je l’ai reconnu à sa carrure
    aux tunnels de ses mains profondes
    transparentes par endroits
    comme des taches de jour sur l’onde

    Ses couteaux mûrissent dans mes sentiers
    Ils tournent dans l’air comme des étoiles
    et deviennent flèches de ma nuit quand je dors

    Maçon de neige de laine de leurre
    l’envers d’une chevelure brouillée de clairons
    je l’ai reconnu à sa cruauté
    à la moisson de scalp de ses orgies de pou
    Il riait de ma frayeur
    Tailleur de griffes de sphinx il régnait
    Je l’ai reconnu à la leçon des hauts mâts de vertige du porche
    que nous franchirons côte à côte
    quand tu m’auras secouru

    Tu reviendras le jour où les grenouilles les grives
    émanciperont l’air de l’herbe où tu t’étends
    Tu reviendras avec ta promesse de colombe
    heureuse d’avoir accepté la mort pour renaître
    Je l’ai reconnu montreur de croix de joue
    ton visage contre le mien

    La voix d’encre (1949) in Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988, nrf/Poésie/Gallimard , 1959, 1975, 1990, 1981, 1987, 2003
    Pour ceux qui veulent essayer de décrypter la poésie de Jabès, voici une analyse du texte par l’IA Gemini que je trouve intéressante.

    Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

  • Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

    Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

  • Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

    Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

  • Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

    Je ne suis pas de votre race. Je suis du clan Mongol qui apportera une vérité monstrueuse : l’authenticité de la vie, la connaissance du rythme, et qui ravagera toujours vos maisons statiques du temps et de l’espace, localisées en une série de petites cases. Mon étalon est plus sauvage que vos engrenages poussifs, son sabot de corne plus dangereux que vos roues de fer. Entourez-moi des cent milles baïonnettes de la lumière occidentale, car malheur à vous si je sors du noir de ma caverne et si je me mets à chasser vos bruits. Que sur mes berges vos pontonniers ne réveillent jamais mon tympan endolori, car je ferais siffler sur vous le vent incurvé comme un cimeterre. Je suis impassible comme un tyran. Mes yeux sont deux tambours. Tremblez si je sors de vos murs comme de la tente d’Attila, masqué, effroyablement agrandi, revêtu de la seule cagoule, comme mes compagnons du bagne à l’heure de la promenade, et si avec mes mains d’étrangleur, mes mains rouges par le froid, je force le ventre aigrelet de votre civilisation!

    (1887-1961). Moravagine, Éditions Grasset, 1926 Littérature et Poésie

    Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

  • Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

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  • Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

    Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

  • Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025