Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.
Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,
Roses pâles d’amour qui couronnent ta tête,
S’effeuillent chaque été ?
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.
Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,
Roses pâles d’amour qui couronnent ta tête,
S’effeuillent chaque été ?
il était une fois
sous un ciel gris
une triste allée d’arbres
aux feuilles d’étendards
de chaque côté
la haie touffue
la serrait en pressoir
à l’abri du vent
sur le lac gelé par les ans
le sentier menait
en se rétrécissant
au vieux manoir secret
jamais personne n’y entra
moi seul connut celle qui l’habita
belle comme un fantôme glacé
et jamais je ne vous en parlerai
Texte de Luc Fayad inspiré par Paysage imaginaire, de Claire de Langeron
l’hiver blanc bleu
se frotte les yeux
sur les secrets folâtres
de son manteau d’ouate
chez lui la vie fourmille
avant d’éclore
il déclame alors
tout émoustillé
je ne suis pas seulement
ce que vous voyez
le givre et la neige
je suis aussi l’attente
le futur et l’espoir
où tout germe
et se prépare
Texte de Luc Fayard inspiré par Blanc de brume, de Sigrid M
J’ai fait à pied de longues routes,
Marchant la nuit, craignant les voix,
Plus rempli d’ombres et de doutes
Que la bête fauve des bois.
vitre embuée
sur neige et glace mêlées
visage dans l’arbre
terre contre ciel
avenir en kaléidoscope
papier froissé
lettres cachées
naissance sibylline
d’un nouvel œuf
lignes verticales
autant de traces
pour avancer
sous les nuages
sur le chemin
de l’espoir
Texte de Luc Fayard inspiré de Madness, de Sandrine Hartmann
Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits
12.ΧΙΙ.82
vivre
vivre en dépit des nuits.
…
10.I.83
Retournant les phrases dans la bouche, l’une après l’autre avant de confier quoi que ce soir au papier.
– peur de la folie de l’égocentrisme. de tout.
-vient le moment de mettre de la crème sur les mains. je souhaite.intensement que ne meure pas le parfum de mimosa
puis, me couche.
et souhaite continuer à tenir ce journal pour y confier de pareilles choses irrépétables, incompréhensibles: simples.
légère mais réelle folie, cependant peu dangereuse (pour la vie civile); mais réelle.
était-ce la peine de faire toute cette psychanalyse pour me voir fondre comme du beurre au soleil et mourir de peur
(non)
11.I.83
assister, incrédule au temps.


Gaston Miron : La marche d’amour (1970)
Tu as les yeux pers des champs de rosées
tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière
la douceur du fond des brises au mois de mai
dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif
moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches (1)
moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir
la tête en bas comme un bison dans son destin
la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou
pour la conjuration de mes manitous maléfiques
moi qui ai des yeux où ciel et mer s’influencent
pour la réverbération de ta mort lointaine
avec cette tache errante de chevreuil que tu as
tu viendras tout ensoleillée d’existence
la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
le corps mûri par les jardins oubliés
où tes seins sont devenus des envoûtements
tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras
où tu changes comme les saisons
je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine
à bout de misères et à bout de démesures
je veux te faire aimer la vie notre vie
t’aimer fou de racines à feuilles et grave
de jour en jour à travers nuits et gués
de moellons nos vertus silencieuses
je finirai bien par te rencontrer quelque part
bon dieu!
et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
par le mince regard qui me reste au fond du froid
j’affirme ô mon amour que tu existes
je corrige notre vie
nous n’irons plus mourir de langueur
à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
les épaules baignées de vols de mouettes
non
j’irai te chercher nous vivrons sur la terre
la détresse n’est pas incurable qui fait de moi
une épave de dérision, un ballon d’indécence
un pitre aux larmes d’étincelles et de lésions
profondes
frappe l’air et le feu de mes soifs
coule-moi dans tes mains de ciel de soie
la tête la première pour ne plus revenir
si ce n’est pour remonter debout à ton flanc
nouveau venu de l’amour du monde
constelle-moi de ton corps de voie lactée
même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon
une sorte de marais, une espèce de rage noire
si je fus cabotin, concasseur de désespoir
j’ai quand même idée farouche
de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas connue
dans les giboulées d’étoiles de mon ciel
je passe les poings durs au vent
j’ai un cœur de mille chevaux-vapeur
j’ai un cœur comme la flamme d’une chandelle
toi tu as la la tête d’abîme douce n’est-ce-pas
la nuit de saule dans tes cheveux
un visage enneigé de hasards et de fruits
un regard entretenu de sources cachées
et mille chants d’insectes dans tes veines
et mille pluies de pétales dans tes caresses
tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée (2) d’univers
ma danse carrée (3) des quatre coins d’horizon
le rouet des écheveaux de mon espoir
tu es ma réconciliation batailleuse
mon murmure de jours à à mes cils d’abeille
mon eau bleue de fenêtre
dans les hauts vols de buildings
mon amour
de fontaines de haies de ronds-points de fleurs
tu es ma chance ouverte et mon encerclement
à cause de toi
mon courage est un sapin toujours vert
et j’ai du chiendent d’achigan (4) plein l’âme
tu es belle de tout l’avenir épargné
d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre
ouvre-moi tes bras que j’entre au port
et mon corps d’amoureux viendra rouler
sur les talus du mont Royal
orignal, quand tu brames orignal
coule-moi dans ta plainte osseuse
fais-moi passer tout cabré tout empanaché
dans ton appel et ta détermination
Montréal est grand comme un désordre universel
tu es assise quelque part avec l’ombre et ton cœur
ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
fille dont le visage est ma route aux réverbères
quand je plonge dans les nuits de sources
si jamais je te rencontre fille
après les femmes de la soif glacée
je pleurerai te consolerai
de tes jours sans pluies et sans quenouilles
des circonstances de l’amour dénoué
j’allumerai chez toi les phares de la douceur
nous nous reposerons dans la lumière
de toutes les mers en fleurs de manne
puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
tu seras heureuse fille heureuse
d’être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi
la marche à l’amour s’ébruite en un voilier
de pas voletant par les lacs de portage
mes absolus poings
ah violence de délices et d’aval
j’aime
que j’aime
que tu t’avances
frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube
par ce temps profus d’épilobes (5) en beauté
sur ces grèves où l’été
pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
ton corps tiède de pruche (6) à mes bras pagayeurs
lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
et qu’en tangage de moisson ourlée de brises
je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
je roule en toi
tous les saguenays (7) d’eau noire de ma vie
je fais naître en toi
les frénésies de frayères au fond du cœur d’outaouais (8)
puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta
gorge
terre meuble de l’amour ton corps
se soulève en tiges pêle-mêle
je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang
haletant
harcelé de néant
et dynamité
de petites apocalypses
les deux mains dans les furies dans les féeries
ô mains
ô poings
comme des cogneurs de folles tendresses
mais que tu m’aimes et si tu m’aimes
s’exhalera le froid natal de mes poumons
le sang tournera ô grand cirque
je sais que tout amour
sera retourné comme un jardin détruit
qu’importe je serai toujours si je suis seul
cet homme de lisière à bramer ton nom
éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
mon amour ô ma plainte
de merle-chat (9) dans la nuit buissonneuse
ô fou feu froid de la neige
beau sexe léger ô ma neige
mon amour d’éclairs lapidée
morte
dans le froid des plus lointaines flammes
puis les années m’emportent sens dessus dessous
je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau
des voix murmurent les récits de ton domaine
à part moi je me parle
que vais-je devenir dans ma force fracassée
ma force noire du bout de mes montagnes
pour te voir à jamais je déporte mon regard
je me tiens aux écoutes des sirènes
dans la longue nuit effilée du clocher de
Saint-Jacques
et parmi ces bouts de temps qui halètent
me voici de nouveau campé dans ta légende
tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
les chevaux de bois de tes rires
tes yeux de paille et d’or
seront toujours au fond de mon cœur
et ils traverseront les siècles
je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n’ai plus de visage pour l’amour
je n’ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m’assois par pitié de moi
j’ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n’attends pas à demain je t’attends
je n’attends pas la fin du monde je t’attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie
L’homme rapaillé. nrf/Poésie/Gallimard, 1970
Grande figure de la poésie contemporaine québécoise. (1928-1996) En québécois « rapailler » veut dire ramasser des choses dispersées. L’homme rapaillé c’est )à la fois le poète et sa mémoire et le peuple québécois et son identité.
Explications des québécismes
1. fardoche : broussaille
2. ceinture fléchée : ceinture de laine tressée à la main avec des motifs en pointe de flèche portée traditionnellement au 19e siècle au Québec
3. danse carrée : danse traditionnelle
4. achigan : poisson d’eau douce combatif
5. épilobe : plante sauvage aux fleurs à couleurs vives
6. pruche : grand arbre résineux
7. saguenay : nom d’une rivière`
8. outaouais : nom d’une rivière
9. merle-chat : oiseau au cri ressemblant à celui du chat
Merci à la jeune agrégée de lettres Sibylle Fouilland qui nous a fait découvrir ce très grand poète québécois !

Jules Laforgue : Les après-midi d’automne
Oh ! les après-midi solitaires d’automne!
Il neige à tout jamais. On tousse. On n’a personne.
Un piano voisin joue un air monotone;
Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.
Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.
Seul, sans amour, sans gloire! et la peur de la mort!
Et la peur de la vie, aussi! Suis-je assez fort ?
Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.
Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l’idole,
Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console !…
Maman! Maman! oh! comme à présent, loin de tous,
Je mettrais follement mon front dans ses genoux,
Et je resterais là, sans dire une parole,
À pleurer jusqu’au soir, tant ce serait trop doux.
Poésies de jeunesse ou Le Sanglot de la Terre. Publication posthume en 1903 in Œuvres complètes, Mercure de France. Jules Laforgue est mort à 27 ans en 1887.
Miguel Ángel Asturias : Autochiromancie (1958)
Je lis dans ma main, ô Patrie,
si douce ta géographie.
Ma ligne de vie qui s’élève
suit le tracé de tes volcans,
puis redescend, ligne de cœur,
jusqu’à la base de mes doigts.
Mes mains sont ta superficie,
l’image vive de ta peau.
Carte de monts. Monts que je veux
appeler: Coutchoumatanès¹,
cimes qui montrent leur turquoise
au saphir de la Mer du Sud.
Que le Tacana², doigt géant,
garde l’entrée de la surprise
quand le maïs enfin se change
en grain comestible pour l’homme,
de ta chair céréale humaine.
Le mont diaphane de la Lune
est, dans ta main, un lac ancien
avec sur ses bords douze temples.
De là partit ton peuple enfant
— potier, sculpteur ou tisserand —
à la conquête de l’aurore.
Poussière de clarté dans l’ombre,
harmonie au creux de ma main,
ma ligne solaire est la conque
profonde où j’entends retentir
des fleuves sourds, tels des atlantes,
d’autres rapides, suicidés.
J’écoute, l’oreille collée
au sol de ta carte vivante
que je porte ici dans mes mains,
carillonner toutes tes cloches,
clignoter toutes tes étoiles,
Pour mon mariage avec ma terre,
mes amis, je veux comme anneau
une luciole solitaire.
Que, l’immense nuit de ma mort,
ma tempe dorme sur ma main
à la luciole solitaire.
1. Coutchoumatanès (Cuchumatanes): hautes montagnes du Guatemala. Elles servaient de point de repère aux marins dans la mer du Sud. (N. d. T.)
2. Le Tacana (El Tacaná): volcan du Guatemala. (N. d. T.)
Messages indiens (1958) in Poèmes indiens, nrf/Poésie/Gallimard, 2024.. Traduction de Claude Couffon et René L.-F. Durand. 1899-1974, Guatemaltèque, Prix Nobel de littérature en 1967
Merci à la jeune agrégée de lettres Sibylle Fouilland pour sa lecture documentée du poète.

Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits
Parfois, la nuit, j’allume une lumière, pour ne pas voir.
A veces, de noche, enciendo una luz, para no ver.
129
Si je pouvais laisser tout comme c’est, sans bouger ni une étoile ni un nuage. Ah, si je pouvais!
Si pudiera dejar todo como está, sin mover ni una estrella, ni una nube. ¡Ah, si pudiera!
149
Je suis un habitant, mais d’où ?
Soy un habitante, pero ¿de dónde?
190
La vie paraît être deux points, sans points intermédiaires.
La vida parece ser dos puntos, sin puntos intermedios.
399
Pour s’élever il faut s’élever, mais il faut aussi qu’il y ait de la hauteur.
Para elevarse es necesario ele-varse, pero es necesario también
que haya altura.
542
Quand les étoiles s’abaissent, qu’il est triste de baisser les yeux pour
les voir !
Cuando las estrellas bajan, ¡qué triste es bajar los ojos para verlas!
594
Mes mains se sont tellement raccourcies, de tellement se tendre en vain, qu’elles n’arrivent même plus jusqu’aux étoiles.
Mis manos se han acortado tanto, de tanto alargarse en vano, que ya no alcanzan ni hasta las estrellas.
1098
Il regarda tout vers le bas, il regarda tout vers le haut et se dit: « tout est amour perdu ».
Miró hacia abajo todo, miró hacia arriba todo y se dijo: « todo es amor perdido que es manos yo
nodria ser justo con lados y con
1103
Être, c’est s’obliger à être. Et s’obliger à être, c’est s’obliger à
être. Ce n’est pas être.
Ser es obligarse a ser. Y obligarse a ser es obligarse a ser. No es ser.
1110
Être en compagnie, ce n’est pas être avec quelqu’un, mais être en quelqu’un.
Estar en compañía no es estar con alguien, sino estar en alguien.
1122
Connaître, au début c’est connaître et souffrir; à la fin, seulement
souffrir.
El conocer comienza siendo conocer y padecer, y termina siendo solamente padecer.
1145
Voces (1943) in Voix réunies, po&psy in extenso, Éditions Érès (2010). Numérotées de 1 à 1182
Ces petites phrases , entre poésie et aphorismes, ont été écrites au jour le jour par Antonio Porchia, italien émigré en Argentine, ouvrier typographe. La première édition de 1943 est imprimée à compte d’auteur et les exemplaires donnés à la Société argentine des écrivains qui les distribue dans les bibliothèques du pays. Les gens commencent à les lire et les recopier. Roger Caillois les découvre en 1947 puis Jorge-Luis Borges et ils les font connaître au monde.

Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)
1
En haut sur la cime
Le jardin entier est lune,
Lune d’or.
Plus précieux le frôlement
De ta bouche dans l’ombre.
2
La voix de l’oiseau
Que la pénombre recouvre
On ne l’entend plus.
Tu marches dans ton jardin
Quelque chose, oui, te manque.
3
La coupe d’un autre,
L’épée qui fut une épée
Dans une autre main,
La lune de cette rue,
Dis-moi, n’est-ce pas assez?
4
Il est sous la lune
Le tigre fait d’or et d’ombre
Il fixe ses griffes
Il ne sait pas qu’au matin
Elles ont tué un homme.
5
Triste cette pluie
Qui sur le marbre s’égoutte,
Triste d’être terre.
Triste, n’être pas les jours
De l’homme, le rêve, l’aube.
6
N’être pas tombé
Comme d’autres de ma race,
Au champ de bataille.
Être dans la vaine nuit
Seul à compter les syllabes.
Les Conjurés,1986 in La Proximité de la Mer, nrf/Gallimard, 2010
NDLR : le tanka ou chant court est un poème japonais traditionnel né avant le haïku (vers 600 ap. J.-C.) , basé sur le rythme 5-7-5-7-7 qui en japonais ne sont pas des syllabes mais des sons, plus précisément des « mores » qui sont des unités de temps. Un tanka en japonais est lu sur un rythme de 8 mesures par vers: 5 mores puis un silence de 3 temps, 7 mores puis 1 silence de 1 temps etc. La traduction française du texte espagnol (Argentine) de Jacques Ancet essaie de s’approcher le plus possible de cette rythmique, sans y parvenir totalement.
